Il y a des douleurs qui viennent doucement, puis s’installent. Elles finissent par prendre toute la place, au point de vivre avec une gêne “en permanence”, comme si le corps ne pouvait plus se reposer. Dans ce texte, je parle d’une approche très concrète: observer, respirer, puis accompagner l’organisme dans une forme d’“évacuation” du trop-plein.
Je garde les mots simples, parce que l’objectif, c’est que vous puissiez utiliser ces repères à la maison, avec votre propre logique de soin. La clé, c’est de ne pas s’arrêter au symptôme. Chercher un point de départ, puis travailler couche par couche. Et quand je dis “couche par couche”, je veux dire qu’on ajuste, on teste, on réévalue. Ce n’est pas un récit magique. C’est un processus.
🧭 Quand la douleur change de forme: partir du ressenti
Je l’ai vu souvent: la douleur n’est pas un objet fixe. Elle évolue. Parfois elle se déplace. Parfois elle s’intensifie. Parfois elle se “répartit” sur tout le haut du corps.
Dans un cas que j’ai accompagné, la personne faisait face à plusieurs signaux:
- Une douleur persistante liée à une zone du pancréas, avec une sensation de brûlure.
- Des douleurs aux poignets (arthrose importante rapportée).
- Des douleurs aux deux épaules.
- En plus, une gêne respiratoire: une oppression thoracique ou une difficulté à respirer “pleinement”.
Sur une échelle de 0 à 10, la douleur était autour de 7 en continu. Et surtout, ça faisait déjà plusieurs mois que le problème était installé.
Ce que je fais dans ce genre de situation, c’est commencer par identifier ce qui domine et ce qui retentit sur le reste. Par exemple, si une zone “entraîne” une respiration superficielle, les épaules se contractent, les poignets se crispent, et le corps finit par fonctionner en mode protection permanente.
Donc oui, on peut traiter plusieurs zones. Mais je cherche aussi le fil conducteur, le point de départ. Parce que sinon on tourne en rond.
🔥 “Ça brûle”: pourquoi je travaille d’abord sur la zone dominante
Quand il y a une douleur de type brûlure et qu’elle est constante, je la considère comme prioritaire. Dans le cas évoqué, la personne disait ressentir:
- Une douleur au niveau du pancréas depuis plusieurs mois.
- Une sensation de chaleur qui montait, surtout dans le haut du corps.
- Un inconfort quand on respire plus fort, avec une forme d’oppression.
Ce n’est pas juste “dans la tête” ou “dans l’imaginaire”. Le corps traduit. Il brûle, il chauffe, il se tend. Et tant que la zone dominante n’est pas calmée, le reste reste actif.
J’ai donc travaillé sur cette zone en premier. Le protocole utilisé ici repose sur une logique de respiration guidée et d’évacuation symbolique du trop-plein.
🌬️ L’exercice de respiration guidée: inspirer, expirer, relâcher
Dans l’accompagnement, j’ai fait faire un exercice simple à la personne, puis je l’ai adapté pour qu’elle (et les autres participants) puissent le reproduire en autonomie.
L’idée est de relier le souffle à une image mentale: inspirer un symbole, puis expirer une “fumée noire” par la bouche. Ce n’est pas une poésie gratuite. C’est une manière de structurer l’expiration et d’aider le corps à “lâcher” quelque chose qu’il garde.
Le schéma était le suivant:
- Inspiration: amener le symbole (là où ça fait mal) dans les “poumons”.
- Expiration: expulser une fumée noire par la bouche, doucement.
- Répétition: recommencer en se concentrant sur les zones concernées.
Pendant l’exercice, je l’ai invité à surveiller la sensation: est-ce que ça relâche? est-ce que ça chauffe moins? est-ce que la douleur diminue?
Et ça a été très clair: la douleur “en haut” a diminué. La brûlure du pancréas a cessé sur le moment de l’accompagnement. Elle disait: “Je ne brûle plus du tout.”
Ce type de réponse immédiate m’importe pour une raison simple: quand le corps se relâche et que la douleur baisse rapidement, c’est souvent un signe que l’approche touche un mécanisme de fond (tension, respiration, surcharge émotionnelle ou somatique, incapacité à relâcher).
👐 Évacuer le “trop-plein”: mains, poignets et libération
Après la respiration, je passe à une partie très “corporelle”: l’évacuation par les mains et le travail sur les poignets.
Pourquoi les mains et les poignets? Parce que les extrémités sont souvent des zones de verrouillage. Et quand la personne a un inconfort articulaire important, elle peut aussi protéger le corps en limitant le mouvement. Du coup, travailler au niveau des mains aide parfois à réorganiser la circulation d’énergie et la détente globale.
Dans le cas décrit, la personne avait indiqué que tout le haut du corps devenait très chaud et que ça donnait une sensation de “lourd”. Elle avait aussi du mal à parler pendant un moment. Et surtout, elle disait manquer d’air.
Je l’ai alors invitée à respirer “avec le ventre”, plus lentement, pour calmer l’hyperpression.
Ensuite, on a fait un travail précis:
- Faire en sorte que l’évacuation se fasse par les mains, si les poignets fonctionnent.
- Tester le mouvement des doigts.
- Répéter un geste de type “retirer des gants”: tourner/dévissser le poignet, sortir la main, comme si on jetait une paire de gants.
- Répéter pour observer la différence gauche/droite.
Le ressenti est devenu positif. Elle disait que ça “apaise” et que ça “va mieux” franchement, avec une chaleur qui diminue.
Mais il restait un point: le côté droit était plus bloqué que le gauche. Elle précisait une douleur au niveau du cou et autour du pouce.
🧩 Travailler “la couche suivante”: pouce, articulation, ajustement
Je l’ai fait en logique d’ajustement: si le côté droit reste douloureux, je traite la zone concernée.
Quand elle a bougé le pouce, on a observé une amélioration. Ensuite, j’ai continué le travail au niveau du pouce, en lui demandant de ne pas bouger pendant le traitement, puis en testant à nouveau.
Le point important, ce n’est pas seulement la zone. C’est la méthode:
- Observer ce qui change.
- Isoler ce qui persiste.
- Traiter la zone restante.
- Réévaluer immédiatement avec un petit test (ici, bouger le pouce).
On n’attend pas “la fin du soin” pour savoir si ça marche. On teste, on corrige, on avance.
📌 Douleur et respiration: la gêne thoracique comme indicateur
Un détail a compté pendant l’accompagnement: la gêne respiratoire. La personne disait sentir une oppression quand elle respirait plus fort, avec une gêne au niveau des poumons.
Ce genre de symptôme peut influencer tout le reste. Quand la respiration est freinée, les muscles du cou et des épaules se crispent davantage. Et comme l’arthrose des poignets était décrite comme importante, l’ensemble devient une chaîne.
C’est pour ça que l’exercice respiratoire n’était pas “en plus”. C’était une pièce maîtresse du travail.
En pratique, quand vous ressentez une douleur qui s’accompagne de difficulté respiratoire, je vous conseille de commencer par:
- Respirer plus lentement.
- Sentir le ventre se remplir.
- Alléger l’expiration (sans forcer).
- Observer si la douleur baisse pendant quelques minutes.
Si le symptôme respiratoire devient sévère, persistant, ou s’accompagne d’autres signes d’alarme, il faut bien sûr demander un avis médical. Mon approche ici reste une démarche de soutien et de travail corporel, pas un remplacement d’un suivi de santé.
⏱️ “En six minutes”: quand la réponse est rapide, on peut continuer proprement
Pendant le soin, il y a eu un repère de temps. Pour la zone pancréas, on a parlé d’environ 6 minutes avant que la douleur ne s’apaise nettement.
Je ne dis pas ça pour “standardiser” les résultats. Chaque corps est différent. Mais quand une amélioration survient rapidement, cela permet de:
- Respirer plus facilement.
- Relâcher la peur et la tension associées.
- Réorienter le travail vers les zones qui restent actives (poignets, épaules, pouce, cou).
Et c’est exactement ce qui s’est passé: une fois la brûlure calmée, on a pu se concentrer sur les articulations et le haut du corps.
🧠 Chercher la racine: “Il y a toujours un point de départ”
L’une des phrases les plus structurantes, c’est celle-ci: je cherche la racine et j’essaie de trouver un point de départ.
Quand on a une douleur chronique, on peut se dire: “Je vais traiter chaque symptôme un par un.” Et parfois ça soulage. Mais je préfère une logique de compréhension en mouvement:
- Quel est le premier déclencheur, le premier verrouillage?
- Qu’est-ce qui s’est installé progressivement “couche après couche”?
- Est-ce que la respiration a changé?
- Est-ce que le corps se protège (mouvements limités, tensions, crispations)?
Dans le cas évoqué, la personne expliquait que les douleurs étaient arrivées au fil des mois, petit à petit, en suivant un processus. Et qu’il y avait eu déjà une précédente montée (une première fois en novembre) qui avait apporté un soulagement important.
Ce genre de répétition (qui revient, qui s’installe, puis qui s’allège) est justement un indice. Le corps n’oublie pas. Il repasse par des schémas. Et notre rôle, c’est d’aider à casser le schéma.
📝 Mini-plan d’autonomie: reproduire la respiration et l’évacuation
Je veux que ce texte soit utile, pas juste inspirant. Voici un mini-plan que vous pouvez essayer. Il s’appuie sur les étapes réellement utilisées: respiration guidée et évacuation vers les mains.
1) Installer la respiration (2 minutes)
- Asseyez-vous confortablement.
- Prenez le temps de respirer avec le ventre.
- Expirez plus doucement que vous n’inspirez.
2) Appliquer le schéma “symbole et fumée” (4 à 6 minutes)
- Repérez la zone la plus gênante.
- Imaginez un symbole à l’endroit douloureux.
- Inspirez en “amenant” le symbole dans les poumons.
- Expirez lentement en imaginant une “fumée noire” qui sort par la bouche.
- Recommencez plusieurs fois, sans forcer.
3) Évacuer par les mains (2 à 4 minutes)
- Ouvrez et fermez les doigts.
- Testez le mouvement des poignets.
- Répétez le geste “retirer des gants”: tournez, sortez la main comme si vous dévissiez le poignet, puis recommencez.
- Notez les différences gauche/droite.
Gardez une règle simple: si ça augmente nettement la douleur, vous stoppez et vous revenez à une respiration plus douce.
❓ FAQ
Pourquoi commencer par une zone plutôt que par tout le corps?
Parce que le corps fonctionne souvent en chaîne. Quand une zone dominante brûle ou serre, elle entraîne une respiration superficielle et des tensions compensatoires ailleurs. En calmant d’abord ce qui pilote, on facilite le relâchement des autres zones.
Est-ce que l’exercice de respiration “marque” vraiment la douleur?
Ce type d’exercice vise un effet immédiat: structurer l’expiration, guider l’attention et encourager le relâchement. Dans le cas rapporté, la brûlure a diminué nettement et la douleur “en haut” a disparu pendant l’accompagnement.
Que signifie “évacuer le trop-plein”?
C’est une manière de dire “faire sortir” ce qui s’accumule et se traduit par la tension. On utilise une image (fumée noire) et un geste (mains/poignets) pour aider le corps à lâcher. Ce n’est pas une recette médicale, plutôt un outil d’accompagnement corporel.
Pourquoi travailler le pouce ou une articulation précise?
Parce que si une zone reste bloquée après la première étape, elle est probablement un verrou encore actif. L’approche consiste à tester rapidement (par exemple bouger le pouce) et à ajuster en fonction du ressenti.
Quand faut-il demander un avis médical?
En cas de douleur intense et persistante, de gêne respiratoire importante, ou de symptômes associés qui inquiètent. Une approche corporelle peut accompagner, mais ne remplace pas un suivi médical.
💬 Un dernier repère: le soulagement se voit dans le relâchement
Quand la douleur baisse, ce n’est pas seulement une note sur une échelle. C’est un changement de comportement du corps. Dans le cas décrit, la personne a spontanément dit qu’elle n’avait plus de douleur au pancréas, qu’elle ne brûlait plus, puis que le haut du corps redevenait plus habitable.
Et c’est aussi pour ça que je garde la même attitude: on respire, on observe, on ajuste. On ne force pas. On cherche un point de départ, puis on suit les “couches”. Et quand ça va mieux, on le constate tout de suite, dans le corps.
Si vous avez des douleurs qui reviennent, je vous encourage à noter votre progression: intensité, zones, et ce qui change quand vous respirez différemment ou quand vous bougez doucement une articulation. Le corps parle. Il suffit d’écouter de la bonne façon.
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