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Qi Gong Dao Yin

Photo by Ilona Frey on Unsplash

Contenu

Qi Gong Dao Yin : nettoyer, ancrer et harmoniser les cinq éléments

Le Qi Gong Dao Yin, ce n’est pas seulement une suite de gestes à mémoriser. C’est une manière de remettre du mouvement là où tout s’est figé, de respirer là où l’on s’est refermé, et de revenir dans son territoire intérieur.

Quand je travaille sur une plage, avec le vent, le sable, l’eau et la lumière, je le rappelle toujours : le corps sait beaucoup de choses avant le mental. Il réagit à une parole vraie, à une parole fausse, à une intention claire, à une respiration relâchée. Il suffit parfois de lui laisser de l’espace pour qu’il recommence à parler.

La pratique que je propose ici rassemble plusieurs mouvements de Dao Yin et de Qi Gong énergétique : nettoyage, ouverture de l’axe, ancrage, libération du ventre, travail des cinq éléments et rassemblement final. Ce sont des exercices simples en apparence, mais ils demandent de l’attention, de la présence et surtout du relâchement.

Table des matières

Le Dao Yin : remettre le corps en circulation

Le Dao Yin est un travail ancien de mouvement, de souffle, d’étirement et d’intention. On ne cherche pas la performance. On ne cherche pas à faire grand, vite ou spectaculaire. On cherche à sentir.

Dans cette pratique, le mouvement extérieur sert à mobiliser quelque chose de plus subtil : la respiration, l’attention, les tensions, l’imaginaire, la sensation d’être présent dans son corps. Les mains ne bougent pas pour faire joli. Elles guident l’intention. Les jambes ne s’enracinent pas seulement pour tenir debout. Elles servent à retrouver un axe et une stabilité.

Il y a une règle importante : ne cherchez pas à contrôler chaque détail. Beaucoup de gens veulent immédiatement faire le bon geste, respirer au bon moment, ressentir la bonne chose. Mais le Qi Gong n’est pas un examen. Si vous forcez, vous crispez. Si vous crispez, vous coupez la circulation.

On commence donc avec une idée simple : je respire, je relâche, je laisse le corps participer.

Le vieil homme et la perle : un mouvement pour déposer le son dans le ventre

Il y a une belle image pour commencer : celle d’un vieil homme qui marche près d’un lac sous la pleine lune. Il aperçoit dans l’eau une perle lumineuse. Il se penche, remue doucement l’eau, la saisit, puis la remonte vers le ciel. Il comprend ensuite que cette perle était le reflet de la lune.

Ce geste est très simple, mais il porte une intention forte. On remue le sable ou l’eau devant soi, comme si l’on cherchait une perle cachée. On la recueille entre les mains, puis on la soulève au-dessus de la tête. À ce moment-là, on inspire et l’on fait vibrer le son « Ah ».

Le son descend symboliquement de la tête vers la poitrine, puis vers le ventre. Il ne s’agit pas de pousser le son avec violence. Il faut le laisser traverser. Le « Ah » doit être vivant, ouvert, presque comme un grand soupir qui dénoue quelque chose.

Comment pratiquer le mouvement de la perle

  1. Placez les pieds à une largeur confortable.
  2. Fléchissez légèrement les genoux et relâchez les épaules.
  3. Avec les mains ouvertes, faites comme si vous remuiez l’eau ou le sable devant vous.
  4. Rassemblez doucement une perle imaginaire entre vos mains.
  5. Montez cette perle au-dessus de votre tête en inspirant.
  6. Sur l’expiration, faites résonner un « Ah » ample et naturel.
  7. Laissez la sensation descendre dans le thorax et le ventre.
  8. Recommencez trois fois ou davantage, sans vous épuiser.

Ce mouvement permet d’ouvrir le haut du corps et de sortir de la pression mentale. Quand le cœur est serré, quand le souffle reste bloqué dans la poitrine ou quand l’on rumine trop, le son peut aider à remettre de la vibration.

Ne cherchez pas à savoir si vous faites cela parfaitement. Demandez-vous plutôt : est-ce que mon souffle devient plus libre ? Est-ce que ma poitrine se relâche ? Est-ce que mon ventre accepte de recevoir ce qui descend ?

Le nettoyage : enlever ce qui encombre

Avant de remplir, il faut nettoyer. Avant d’appeler la lumière, il faut faire de la place. Dans le Dao Yin, on peut le faire avec des gestes très simples de balayage et de lâcher.

J’inspire, je rassemble ce qui encombre, puis j’expire et je jette. Ce que j’appelle les miasmes, ce sont toutes ces lourdeurs que l’on accumule : fatigue, irritations, émotions retenues, pensées répétitives, stress, choses que l’on a absorbées sans s’en rendre compte.

Bien sûr, ce langage est énergétique et imagé. Il donne une direction au corps. Lorsque vous balayez votre corps avec les mains, vous pouvez imaginer enlever une couche trop lourde, comme si vous retiriez un vêtement humide ou poussiéreux.

Un rituel de nettoyage en quelques gestes

  • Inspirez en levant les mains devant le corps.
  • Sur l’expiration, descendez les mains comme si vous retiriez une charge des épaules, du torse et du ventre.
  • À la fin du mouvement, jetez cette charge vers le sol avec les mains.
  • Répétez plusieurs fois, sans brutalité.
  • Imaginez enlever un pantalon trop lourd, puis un t-shirt trop serré.
  • Terminez en vous embrassant ou en posant les mains sur vous avec douceur.

Ce dernier geste est essentiel. Le nettoyage ne doit pas être une guerre contre soi-même. On ne chasse pas son corps, on ne rejette pas ses émotions. On reconnaît ce qui est là, on enlève ce qui n’a plus besoin d’être porté, puis on revient vers soi.

Percer l’axe lumineux et se relier à la terre

Après le nettoyage, je travaille souvent l’axe. Imaginez que votre corps possède une colonne de lumière qui passe du ciel vers la terre. Cette colonne ne doit pas être rigide. Ce n’est pas un pilier en béton. C’est un rayon vivant qui traverse la tête, la poitrine, le ventre, le bassin et les pieds.

Le geste consiste à monter, puis à « percer » vers le bas avec l’intention. On peut compter lentement jusqu’à 33 pendant la descente, puis remonter avec la même présence. Le nombre n’est pas une obligation magique. C’est un support pour empêcher le mental de partir ailleurs et pour donner du temps à la respiration.

Visualisez une lumière qui traverse tout votre système. Certains la verront blanche, dorée ou très brillante. D’autres ne verront rien du tout. Ce n’est pas grave. L’essentiel est de garder l’intention : je relie le haut et le bas, je redescends dans mon corps, je me connecte à la terre.

Si l’image d’un laser vous parle, utilisez-la. Si vous préférez une guirlande, un fil lumineux ou un faisceau plus doux, utilisez cela. L’imaginaire est un outil. Il doit vous aider, pas vous enfermer.

Pourquoi l’ancrage est si important

On peut avoir beaucoup d’énergie dans la tête, beaucoup d’idées, beaucoup de stress, beaucoup de projections. Mais si l’on n’est pas ancré, tout devient instable. L’ancrage, ce n’est pas être lourd. C’est être présent.

Reliez-vous aux pieds. Sentez les deux appuis. Imaginez que votre axe descend jusque dans le centre de la terre. Vous ne devenez pas un arbre figé, vous devenez un bambou : enraciné, souple, capable de bouger avec le vent sans se casser.

Le test du balancement : quand le corps répond avant les mots

Voici un exercice étonnant. Mettez-vous debout, les pieds parallèles, les genoux souples. Fermez les yeux si vous êtes dans un lieu stable et sécurisé. Laissez le corps se balancer légèrement d’avant en arrière, de droite à gauche ou en cercle.

Ne résistez pas au mouvement. Ne cherchez pas à être parfaitement au centre. Vous devez rester debout, évidemment, mais laissez le corps faire ses petits ajustements. C’est là que vous commencez à sentir votre propre langage corporel.

Dites intérieurement une vérité simple : « Je m’appelle… », puis votre prénom. Observez le mouvement. Dites votre âge. Dites où vous êtes. Dites si vous êtes un homme, une femme, ou simplement la manière dont vous vous identifiez. Puis observez.

Ensuite, prononcez une phrase qui ne correspond pas à votre réalité. Vous pouvez dire intérieurement : « J’ai cent ans », ou « Je suis malade », ou « Je déteste ce monde », si cela ne vous correspond pas. Observez de nouveau le balancement.

Le but n’est pas de transformer cela en machine infaillible qui répondrait à toutes les questions. Le corps est influencé par beaucoup de choses : fatigue, attente, peur, suggestion, désir d’obtenir une réponse. Mais cet exercice peut vous montrer quelque chose de précieux : une parole n’a pas la même résonance en vous selon qu’elle vous semble juste, fausse, lourde ou libératrice.

Poser une question intérieure

Quand vous êtes plus calme, vous pouvez poser une question qui vous habite : dois-je déménager, poursuivre ce projet, vendre, continuer mes études, prendre cette direction ? Ne forcez pas une réponse immédiate. Laissez le temps au corps.

Gardez le cou droit, les épaules détendues et le souffle tranquille. Une sensation de mouvement n’est pas une décision à prendre à l’aveugle. Mais elle peut ouvrir un espace d’écoute. Pour les décisions importantes, utilisez aussi votre discernement, les faits, vos échanges avec les personnes concernées et, si nécessaire, l’avis de professionnels compétents.

À la fin, dites simplement merci à votre corps. C’est une belle habitude. Il travaille pour vous depuis toujours.

Faire tomber les tensions : chevilles, genoux, bassin, épaules

Il y a ensuite un travail de secousse et de relâchement. On pousse ce qui encombre, on inspire, puis on fait vibrer progressivement le corps. L’attention passe par les chevilles, les genoux, le bassin, les épaules, les pieds.

L’idée est de créer une petite montée, puis une retombée. Comme un mini tsunami intérieur. Les tensions accumulées remontent, bougent et peuvent commencer à se défaire. Il ne faut pas taper violemment sur le sol ni secouer le corps jusqu’à l’épuisement. On garde toujours une pratique adaptée à ses articulations et à son état du jour.

Imaginez que des petites pierres coincées dans le corps se décollent. Vous montez la vibration, puis vous laissez tomber. Le mouvement est vivant. Il ne doit pas devenir mécanique.

Le cheval, ou la position du cavalier, peut accompagner cette libération. Les pieds sont solides, les genoux fléchis, le bassin relâché. À l’inspiration, vous accueillez. À l’expiration, vous lâchez. Le corps ne doit pas se contracter pour prouver qu’il travaille. Il doit apprendre à céder ce qu’il retient inutilement.

Le mouvement du lave-linge : libérer le ventre et le plancher pelvien

Voici un mouvement puissant, mais qui demande de la finesse. Imaginez un lave-linge. À l’inspiration, le linge remonte dans le tambour. Puis il retombe. Ce qui nous intéresse ici, c’est la capacité du ventre à se relâcher réellement.

Beaucoup de personnes vivent avec les abdominaux continuellement serrés. Le ventre est rentré, le diaphragme est bloqué, le bassin est tenu. À force, cela crée une cuirasse. Le mouvement du lave-linge aide à remettre de la souplesse dans cette zone.

À l’inspiration, vous accompagnez un léger mouvement de montée. À l’expiration, vous lâchez le ventre. Il doit descendre, comme un sac de pommes de terre. Pas besoin de pousser. Pas besoin de gonfler de manière excessive. Il faut laisser tomber.

La mécanique du mouvement

  • Gardez les pieds bien posés au sol.
  • Placez les mains devant le ventre pour accompagner le geste.
  • Inspirez en guidant l’énergie vers l’arrière et vers le haut.
  • Expirez en relâchant le ventre et le bas du bassin.
  • Laissez les abdominaux entrer et sortir sans les verrouiller.
  • Répétez lentement, puis selon votre propre rythme.

Dans certains enseignements taoïstes et bouddhistes, on parle de plusieurs directions ou attaches qui limiteraient la conscience. J’utilise l’image d’une perle au centre, retenue par huit câbles. Avec le temps, le travail du corps peut donner un peu de jeu à ces attaches. On ne coupe pas tout d’un coup. On ne devient pas libre par une seule séance. Mais on relâche progressivement ce qui nous emprisonne.

Cette image est importante : la pratique demande de la régularité. Une petite amplitude gagnée, un ventre un peu plus libre, un souffle qui descend un peu mieux, c’est déjà énorme.

Attention, intention et territoire

Il y a une différence entre l’attention et l’intention. L’attention, c’est là où vous posez votre conscience. L’intention, c’est la direction que vous donnez.

Quand je dis : « Rassemble ton attention », je vous demande de ne plus laisser votre esprit se disperser partout. Quand je dis : « Pose ton attention dans le cœur », « Ramène au ventre », « Définis ton territoire », je vous propose de revenir à votre espace intérieur.

Le territoire, ce n’est pas être fermé aux autres. Ce n’est pas devenir dur. C’est savoir où l’on commence et où l’on finit. C’est ne pas laisser tout le monde entrer dans sa tête, son ventre, son énergie, son intimité.

Les gestes peuvent devenir très parlants :

  • Élever la vibration.
  • Élargir la conscience.
  • Rassembler l’attention.
  • Ramener au cœur.
  • Déposer au ventre.
  • Définir son territoire.

Chaque mouvement peut s’accompagner d’un mot intérieur. Le mot donne une commande. Dire « écarte-toi », « rassemble », « ramène », « intègre » ou « dépose » aide l’esprit à habiter le geste. Le corps n’a pas besoin d’un discours compliqué. Il répond souvent très bien à une consigne claire, répétée et incarnée.

Le cycle des cinq éléments : métal, eau, bois, feu et terre

Le travail des cinq éléments est un grand pilier de la pensée énergétique chinoise. Ici, on ne le prend pas comme une théorie abstraite. On le met dans le corps avec le souffle, la couleur, le mouvement et l’imagination.

Le cycle que nous travaillons est le suivant :

  1. Le métal, associé aux poumons.
  2. L’eau, associée aux reins.
  3. Le bois, associé à la sphère du foie et aux articulations.
  4. Le feu, associé au cœur.
  5. La terre, associée à la rate et à l’estomac.

Dans ce cycle, le métal nourrit l’eau, l’eau nourrit le bois, le bois nourrit le feu, le feu devient cendre et nourrit la terre. C’est un cycle de transformation. On part de ce qui est dense pour revenir à ce qui nourrit.

1. Le métal et les poumons : lumière blanche et expiration sombre

Pour le métal, on travaille les poumons. Les mains ne se touchent pas. Je préfère garder un espace, pour éviter de fermer le circuit trop vite. On prend l’énergie de la terre, on ouvre vers le ciel, puis on ramène.

À l’inspiration, visualisez une lumière blanche qui entre et remplit la cage thoracique. À l’expiration, imaginez une fumée noire qui sort par la bouche et par les paumes. Ce n’est pas une fumée réelle, évidemment. C’est une image de purification et de relâchement.

Le métal est relié à la tristesse, au deuil et à certaines souffrances profondes. Cela ne veut pas dire qu’un mouvement efface une peine. Mais il peut donner un espace au chagrin, permettre au souffle de se déployer, aider la poitrine à ne pas rester verrouillée.

2. L’eau et les reins : la couleur bleue

L’eau nourrit les reins. Le mouvement consiste à tourner et à aller chercher l’eau, comme si vous la preniez dans la mer ou dans une source. Puis vous la laissez couler dans le dos, vers la zone des reins.

Visualisez une eau bleue qui glisse et recharge doucement cette région. Vous pouvez imaginer un drainage, une cascade intérieure, une eau fraîche qui circule sans violence.

Les reins sont traditionnellement associés à la peur. Là encore, il ne s’agit pas de nier la peur ni de prétendre résoudre toutes les difficultés par une visualisation. Il s’agit de retrouver du soutien intérieur lorsque l’on se sent vidé, inquiet ou en manque de sécurité.

3. Le bois : la couleur verte et la libération de la colère

Après l’eau vient le bois. Le mouvement se fait avec un transfert d’énergie, les mains qui passent et se croisent dans un rythme précis. On inspire la couleur verte, puis on expire ce qui est sombre ou stagnant.

Le bois est relié aux articulations, aux sens, à la colère, à la frustration et à la rage. Quand cette énergie est bloquée, elle peut se manifester par de l’irritation, de l’impatience ou une impression d’être coincé.

Il ne s’agit pas de supprimer votre colère. La colère a parfois quelque chose à vous dire. Mais elle n’a pas besoin de brûler tout votre système. Le travail du bois cherche à remettre de la circulation, comme une sève qui monte dans une branche au printemps.

4. Le feu : le cœur, la couleur rose et le son « Ah »

Le feu se tient comme dans un petit récipient entre les mains. Les mains alternent, l’une au-dessus, l’autre en dessous. On inspire une couleur rose dans le cœur, puis on expire en faisant vibrer le son « Ah ».

Le feu du cœur parle d’ordre intérieur. Quand il y a trop de dispersion, trop de pression, trop de pensées, l’anxiété prend facilement de la place. Le but du mouvement est d’offrir une régulation, une respiration, un retour au centre.

La couleur rose peut sembler surprenante à certains. Pourtant, elle est douce, accessible et moins agressive qu’un rouge très intense. Si le rose vous convient, gardez-le. Si une autre nuance vous aide à sentir l’ouverture du cœur, adaptez l’image.

5. La terre : la rate, l’estomac et la couleur jaune

Enfin, nous arrivons à la terre. Les mains forment un triangle, avec l’attention dirigée vers l’espace entre elles. Ce triangle évoque l’axe, le troisième œil, la vision intérieure. Puis les mains montent au-dessus de la tête, et le mouvement se poursuit en tournant avec douceur.

À l’inspiration, prenez une couleur jaune, lumineuse, et amenez-la vers la rate. À l’expiration, ouvrez la bouche et laissez sortir ce qui doit sortir. Gardez le cou long et libre. Ne cassez pas la nuque pour aller trop loin.

La terre est associée à l’ancrage, à l’axe, mais aussi à l’inquiétude et au travail de digestion. Digérer ne concerne pas seulement la nourriture. On digère aussi les événements, les paroles, les conflits, les peurs et les journées trop chargées.

Relier les cinq éléments dans une même pratique

Quand vous avez travaillé chaque élément séparément, vous pouvez les assembler. Commencez par les poumons et la lumière blanche. Passez aux reins avec le bleu. Continuez avec le vert du bois. Ouvrez le cœur avec le rose. Terminez avec le jaune de la terre.

Le plus important est de respecter la logique du cycle :

  • Le blanc du métal ouvre les poumons.
  • Le bleu de l’eau nourrit les reins.
  • Le vert du bois accompagne la montée et la circulation.
  • Le rose du feu nourrit la qualité du cœur.
  • Le jaune de la terre stabilise, rassemble et ancre.

À chaque étape, vous inspirez la couleur correspondante et vous expirez symboliquement une couleur noire ou une fumée sombre. Ce noir n’est pas quelque chose de dangereux. C’est une manière de donner une forme à ce qui doit quitter le corps : tension, encombrement, fatigue, émotions trop serrées.

Restez simple. Une visualisation claire vaut mieux qu’un film intérieur compliqué. Vous n’avez pas besoin de tout voir avec précision. Il suffit parfois de sentir une température, une couleur, une direction ou une sensation d’ouverture.

Le mouvement de la tortue : rassembler et intégrer

Après avoir ouvert, nettoyé, fait circuler et travaillé les éléments, il faut rassembler. Sinon, vous risquez de repartir trop dispersé. Le mouvement de la tortue sert à intégrer.

La tortue sort la tête, puis la rentre. Elle possède une carapace, une lenteur, une solidité. Elle ne se précipite pas. Dans le mouvement, vous ramenez les mains, vous rassemblez les énergies que vous avez mobilisées, vous contractez légèrement la nuque, puis vous relâchez avec une expiration sonore.

La nuque doit se serrer juste assez pour sentir le rassemblement, puis elle doit lâcher. Ne forcez jamais une zone cervicale douloureuse. Le but n’est pas de créer une crispation. Le but est de prendre conscience de l’arrière du cou, de l’axe et de ce qui descend.

Répétez trois fois. À chaque fois, ramenez les cinq éléments, rassemblez, expirez, lâchez. Puis restez quelques instants debout, sans faire grand-chose. Sentez les pieds. Sentez le ventre. Sentez si le corps est plus chaud, plus lourd, plus calme ou simplement plus présent.

Les principes essentiels pour pratiquer en sécurité

Le Qi Gong Dao Yin demande de l’écoute. Même avec des exercices accessibles, il faut respecter ses limites. Une pratique énergétique ne remplace pas un suivi médical, psychologique ou kinésithérapeutique lorsqu’il est nécessaire.

  • Ne retenez jamais votre souffle jusqu’à l’inconfort.
  • Réduisez l’amplitude si vous avez mal aux genoux, aux épaules, au dos ou à la nuque.
  • Ne forcez pas les visualisations. Si vous ne voyez rien, restez avec le souffle.
  • Pratiquez debout près d’un soutien si votre équilibre est fragile.
  • Arrêtez si vous ressentez des vertiges, une douleur vive ou un malaise.
  • Pour une question importante dans votre vie, gardez toujours votre discernement et vos appuis concrets.

Le corps est un allié, pas une machine à dominer. Plus vous le respectez, plus il vous donne des informations fines.

Faire de cette pratique un rendez-vous avec soi-même

Vous n’avez pas besoin de pratiquer une heure pour ressentir quelque chose. Vous pouvez commencer avec dix ou quinze minutes. Faites le nettoyage, le mouvement de la perle, quelques respirations de lumière blanche, le travail des reins en bleu, puis la tortue pour intégrer.

Certains jours, vous aurez besoin de bouger fort, de secouer, de faire tomber les tensions. D’autres jours, vous aurez besoin de rester presque immobile, les mains sur le ventre, juste pour respirer. Écoutez cela.

Le Qi Gong Dao Yin devient puissant quand il cesse d’être une technique extérieure. Il devient une langue que vous parlez avec vous-même. Vous apprenez à reconnaître quand votre cœur est serré, quand votre ventre est fermé, quand votre esprit est trop haut, quand vos pieds ne touchent plus vraiment la terre.

Alors vous n’avez pas besoin de tout comprendre. Vous inspirez. Vous expirez. Vous rassemblez. Vous posez votre attention. Vous définissez votre territoire. Et petit à petit, vous revenez à votre place.

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Questions fréquentes sur le Qi Gong Dao Yin

Combien de temps faut-il pratiquer le Qi Gong Dao Yin ?

Une pratique de dix à quinze minutes peut déjà être utile pour respirer, relâcher le corps et revenir à soi. La régularité compte davantage que la durée. Vous pouvez aussi consacrer plus de temps à une séquence complète des cinq éléments lorsque vous vous sentez disponible.

Faut-il visualiser parfaitement les couleurs des cinq éléments ?

Non. Certaines personnes voient clairement les couleurs, d’autres les imaginent vaguement ou ressentent simplement une direction. Le blanc pour les poumons, le bleu pour les reins, le vert pour le bois, le rose pour le cœur et le jaune pour la terre sont des supports d’intention, pas un test de réussite.

Pourquoi utilise-t-on le son « Ah » dans certains mouvements ?

Le son « Ah » accompagne l’expiration et aide à ouvrir la poitrine, relâcher le cœur et faire descendre la vibration vers le ventre. Il doit rester naturel, sans forcer la gorge ni chercher à faire beaucoup de volume.

Que représente le cycle des cinq éléments ?

Dans cette pratique, le métal est associé aux poumons, l’eau aux reins, le bois à la sphère du foie, le feu au cœur et la terre à la rate et à l’estomac. Le métal nourrit l’eau, l’eau nourrit le bois, le bois nourrit le feu, le feu nourrit la terre. Ce cycle sert de fil conducteur pour relier le mouvement, le souffle et l’intention.

Peut-on utiliser le balancement du corps pour prendre des décisions importantes ?

Le balancement peut aider à observer la résonance intérieure d’une phrase ou d’une question. Il ne doit pas être considéré comme un outil infaillible de décision. Pour tout choix important, gardez votre discernement, examinez les faits et prenez conseil auprès des personnes ou professionnels concernés.

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